A propos des nouveaux programmes

mai 14th, 2008 by anne popet

Dès septembre, sur ce blog, de nombreuses questions soulevées ci- dessous, et bien d’autres, feront l’objet d’articles où vous serez largement invités à réagir. L’école maternelle a sa spécificité, si elle doit préparer à l’entrée à l’école élémentaire, on ne saurait la réduire à en être l’antichambre.

La place de la grande section

Dans la partie réservée à la présentation des programmes, la grande section est fort heureusement considérée comme la dernière de l’école maternelle (il est toujours bon de le rappeler…) tout en appartenant à la première année du cycle des Apprentissages fondamentaux. Comme il est dit plus loin, elle reste une classe charnière. Ses objectifs sont de préparer à la maîtrise des apprentissages fondamentaux. Les programmes déclinés ensuite vont dans le sens d’un repositionnement de cette section par rapport à ce qui avait été précédemment élaboré.

On prend note aussi que le professeur des écoles n’est pas un simple exécutant, mais qu’ «à partir des objectifs nationaux, il doit inventer et mettre en œuvre les situations pédagogiques qui permettront à ses élèves de réussir dans les meilleures conditions ». Reste en effet, à la lecture de ces programmes, à concevoir les mises en œuvre et l’organisation matérielle nécessaire, notamment à l’apprentissage de la langue orale. Or, contrairement à ce qui a été dit, ces dernières années ont été les témoins d’avancées pédagogiques qu’il ne faut pas sous estimer et dont il convient de tirer parti.

En revanche, en relation avec ce qui est dit du professeur des écoles, il y a lieu de s’interroger sur la prise en compte de la spécificité de l’école maternelle dans la formation (formation des formateurs eux- mêmes, formation initiale et continue des enseignants). Read the rest of this entry »

Poucette de Toulaba

février 8th, 2008 by anne popet

Comparer deux versions d’un conte

Niveau : GS

Il s’agit ici de confronter le conte d’Andersen intitulé Poucette à celui écrit par Daniel Picouly et illustré par Olivier Tallec pour l’album Poucette de Toulaba (éditions Rue du monde). Album conseillé dans Le coin thématique de l’Education enfantine de mars 2008.

Ces œuvres sont l’une et l’autre certes difficiles pour des grandes sections, mais on ne saurait en priver les enfants car elles sont propres à nourrir leur imaginaire et à leur donner le goût des mots. Il est possible de leur en faciliter l’accès en recourant à une démarche adaptée au niveau concerné.

Auriez- vous d’autres exemples d’albums similaires permettant d’atteindre ces objectifs et que vous auriez exploités en classe avec profit ?N’hésitez pas à nous le faire savoir.

L’œuvre d’Andersen

Ceux qui ont eu la chance de découvrir
la Poucette d’Andersen au cours de leur enfance ne l’ont généralement pas oubliée. Il s’agit d’une œuvre désormais classique qui n’a rien perdu de son charme car elle est de portée universelle.

Poucette de Toulaba

Poucette de ToulabaDaniel Picouly a écrit cette histoire à l’occasion du bicentenaire d’Andersen en la transposant dans une autre culture. Elle figure dans un album aux illustrations luxuriantes qui font pénétrer au cœur d’un pays exotique. Difficile pour des élèves de GS, le texte n’en permet pas moins de les familiariser avec une langue poétique éloignée du langage utilitaire (ce que les enfants appréhenderont aisément) et à laquelle ils ne devraient pas être insensibles si l’on sait les y préparer.

Démarche préconisée

Il est tout d’abord conseillé de conter, dans un premier temps, à la classe, le conte d’Andersen que Daniel Picouly a probablement découvert lorsqu’il était enfant et qui a donné naissance à l’album.

Comme tout album, Poucette de Toulaba est un objet spécifique où textes et illustrations forment un tout, ce dont il y a lieu de tenir compte dans son exploitation. L’univers chatoyant et coloré que s’emploie à rendre Olivier Tallec appelle à une première découverte avant de progresser dans la compréhension de l’histoire (laquelle sera favorisée par la mise en relation avec le conte d’Andersen), puis de s’approprier les textes. Ceux- ci peuvent alors être lus, ensuite, en plusieurs séances, sous forme de lecture feuilleton. Les passages un peu difficiles sont à paraphraser (sans s’y arrêter, en doublant simplement l’expression). Certains passages particulièrement poétiques pourront aussi être repris oralement par les enfants pour être mémorisés (au gré de l’enseignant).

Remarques

La démarche exposée pour aborder ces deux œuvres peut être utilisée (avec les aménagements nécessaires) à chaque fois que les élèves sont confrontés à des œuvres difficiles. Il s’agit évidemment d’une exploitation longue à répartir dans le temps en ménageant des pauses.

Ces deux exemples tendent également à prouver qu’il n’existe pas de tranches d’âges spécifiques pour s’emparer d’une œuvre, mais que celle- ci requiert toujours des stratégies adaptées au niveau concerné.

PISTES D’EXPLOITATION

Conter et exploiter Poucette

- Lire soi- même le conte d’Andersen plusieurs fois pour s’en approprier le déroulement afin de le raconter au plus près, aux élèves, ensuite, tout en le condensant. On peut s’appuyer sur le découpage de l’histoire proposé ci- dessous en prenant soin, alors, de développer chacune des phases ici résumées.

* Une femme voudrait un enfant et va trouver une vieille sorcière qui lui donne un grain d’orge.

* La femme le met dans un pot. Une fleur pousse au milieu de laquelle est assise une petite fille. La femme nomme l’enfant Poucette et lui donne une coquille de noix pour berceau.

* Une crapaude enlève Poucette afin que celle- ci épouse son fils. Elle la pose sur une feuille de nénuphar.

* Des petits poissons rongent la tige de la feuille qui descend alors la rivière.

* Un hanneton emporte Poucette dans un arbre. Les autres hannetons la trouvent laide et la rejettent.

* Poucette passe l’été et l’automne seule dans la forêt.

* L’hiver venu, elle trouve refuge chez une souris des champs. La souris a pour voisin une taupe.

* Dans une galerie, Poucette découvre une hirondelle blessée et la soigne.

* La taupe demande ensuite Poucette en mariage, mais l’hirondelle emmène avec elle Poucette dans les pays chauds.

* Elle dépose Poucette sur une fleur à l’intérieur de laquelle se trouve un petit homme, l’ange des fleurs.

* Poucette l’épouse. En cadeau de mariage, elle reçoit une paire d’ailes qui lui permet de voler de fleur en fleur. Elle prend le nom de Maya.

Après écoute du conte, lister les personnages. Afin d’assurer la mémorisation et pour mieux comparer les deux contes ensuite, retrouver à l’aide de questions les différentes phases de l’histoire, puis les faire dessiner en répartissant la tâche entre des groupes. Coller les dessins au fur et à mesure de leur réalisation dans l’ordre de l’histoire. En fonction de l’avancement des dessins réalisés en ateliers (en présence de l’enseignant), commenter ceux qui précèdent avant de dessiner la suite.

Pour finir, raconter l’histoire en s’appuyant sur les dessins.

Avant de découvrir l’album Poucette de Toulaba

Laisser passer un peu de temps. Pour créer un horizon d’attente, en découverte du monde, s’intéresser aux zones tropicales, leur faune et leur flore. Afficher des images documentaires illustrant les lieux dont il va être question dans Poucette de Toulaba ainsi que celles des animaux évoqués dans l’histoire que l’on pointera au fil de leur apparition dans les illustrations.

Découvrir et exploiter Poucette de Toulaba

- Découvrir les illustrations sans avoir observé la couverture au préalable. La réserver pour plus tard. Préciser que cette histoire se passe en partie dans la forêt tropicale et que les illustrations vont donner à voir sa végétation et quelques- uns de ses animaux. Remarquer que les illustrations s’étalent toutes sur une double page. Insister aussi sur leurs couleurs riches et chaudes en relation avec le pays où se déroule l’histoire. Décrire les illustrations et les légender.

* 1ère illustration : Une femme à la peau noire se dirige vers un homme à la peau également noire, installé dans une maison accrochée à un arbre.

* 2ème illustration : Une petite fille (à la peau noire) dort dans une fleur au milieu d’autres fleurs et de fruits.

* 3ème illustration : La petite fille est maintenant tenue dans deux mains rapprochées et des enfants l’observent.

* 4ème illustration : La petite fille est dans une coquille qui vogue sur une eau contenue dans une noix de coco (mot introduit par l’enseignant). Deux iguanes sont à côté d’elle.

* 5ème illustration : La petite fille est toujours dans sa coquille voguant sur l’eau. Des animaux sont autour d’elle et l’observent.

* 6ème illustration : La petite fille est assise sur une feuille. Le poisson de l’image précédente est à côté d’elle. On voit aussi deux gros insectes et la queue d’un animal.

* 7ème illustration : La petite fille est encore sur la feuille mais un caïman passe sous la feuille…

* 8ème illustration : Un paresseux se trouve dans un arbre au- dessus de l’enfant.

* 9ème illustration : L’endroit est sombre, un scarabée est posé sur la tête de l’enfant. Une luciole éclaire le lieu.

* 10ème illustration : Un oiseau est étendu au sol. La petite fille semble se serrer contre lui.

* 11ème illustration : La petite fille a posé sa tête sur un caillou. Elle semble triste. Dans un arbre, des oiseaux l’observent.

* 12ème illustration : L’enfant est maintenant sur dos de l’oiseau qui vole au milieu d’autres oiseaux.

* 13ème illustration : Elle est à nouveau à l’intérieur d’une fleur au milieu d’autres fleurs. L’oiseau est auprès d’elle.

* 14ème illustration : Elle est à l’extérieur de la fleur. Un petit garçon avec des ailes est à côté d’elle.

* 15ème illustration : Elle a maintenant des ailes et vole au- dessus des fleurs.

- Au cours de la découverte des illustrations, les élèves auront probablement fait un rapprochement avec l’héroïne d’Andersen. Les inviter à le justifier. Présenter ensuite la couverture et commenter.

- Disposer les reproductions des illustrations (reproduites par l’enseignant) dans l’ordre chronologique sur une bande de papier. Reformuler ce qui a été compris de l’histoire. Préciser que celle- ci leur sera lue ensuite en plusieurs épisodes. Pour ce faire, la découper alors en cinq parties correspondant à la structure du conte merveilleux : 1 – phase initiale ; 2 – enlèvement de l’héroïne ; 3- pérégrinations de celle- ci jusqu’à l’entrée en scène du paresseux ; 4 – rencontre avec l’oiseau de paradis ; Poucette se prépare ensuite à épouser le paresseux, mais le scarabée le dit au toucan qui prévient l’oiseau de paradis, ; 5 – l’oiseau de paradis emporte Poucette vers un pays de cocagne, elle y rencontre avec l’Esprit des fleurs (jeune garçon ailé). Fin ouverte.

- Après la lecture de chaque passage, revenir aux illustrations correspondantes et appréhender ce que le texte a apporté comme nouvelles informations. Dessiner le toucan apportant à Poucette les ailes usées d’une vieille libellule (absent des illustrations) et intégrer ce dessin parmi les images séquentielles. Coller celles- ci sur la bande de papier.

Comparer les deux contes

- En s’appuyant sur les dessins séquentiels réalisés par les élèves à propos du conte d’Andersen et sur les illustrations de Poucette de Toulaba (après avoir disposé les deux bandes l’une au dessous de l’autre) :

  • repérer les similitudes : envie d’enfant dans les deux cas, aide apportée par une sorcière ou un sorcier, enlèvement de l’héroïne en vue d’un mariage, pérégrinations, départ sur le dos d’un oiseau et, pour finir, capacité à voler de l’héroïne.
  • Pointer les différences : Poucette de Toulaba se déroule dans un pays lointain, les personnages humains ont la peau noire, la mère a déjà d’autres enfants, les animaux ne sont pas les mêmes dans les deux contes, ceux rencontrés dans le conte de Daniel Picouly sont ceux des zones tropicales. Dans ce conte, l’héroïne apprend à dire non, (elle suit un chemin initiatique). La fin est ouverte : Vers où vole Poucette ? vers ici ou Toulaba ?

- Demander aux élèves lequel des deux contes ils ont préféré et pourquoi. En groupes, imaginer où peut se rendre Poucette. Mettre en commun les propositions, puis souligner qu’on ne peut rien affirmer car Personne ne saura jamais sur quelle fleur de l’infini jardin des possibles ses ailes l’ont portée

Spécial prix Education Enfantine

octobre 2nd, 2007 by anne popet

Comme chaque année, depuis 2004, des classes ont attribué, au printemps dernier, un prix à l’un des douze albums de la sélection parue dans un supplément de l’Education Enfantine intitulé Le goût de lire.

Nouveauté : cette année, seize pages de fiches sont proposées dans un autre supplément paru en octobre pour offrir des pistes d’exploitation de l’ouvrage primé, intitulé Le petit chacal et le vieux crocodile. 

Ce conte de ruse écrit par un musicien conteur, Manféï Obin, et illustré de magnifiques aquarelles par Jacques Loustal, dans une collection riche d’exploitations, constitue à tous égards une réussite.

Cela a été un réel plaisir pour moi de réaliser ces fiches autour d’un album pour lequel j’éprouve, vous pouvez le constater, le plus vif intérêt. Sa présentation inspirée du Kamishibaï japonais (texte figurant sur un rabat) permet de faire vivre l’histoire en exploitant au mieux les illustrations, ce qui est nouveau et astucieux. Je le conseille vivement.

J’aimerais aussi connaître vos réactions quant à ce livre et aux activités que j’ai proposées. Vous sont- elles utiles ? Que voudriez- vous encore savoir au sujet de l’ouvrage, de la collection ou des prolongements possibles (en lien avec vos propres projets) ?

Questions et suggestions seront les bienvenues. Je m’efforcerai d’y répondre au mieux dans un dialogue qui ne peut être que constructif et ouvrir des pistes de travail et de réflexion de part et d’autre.

Parlons vocabulaire

octobre 1st, 2007 by anne popet

Le vocabulaire a le vent en poupe actuellement. Question de mode ? Question de fond ? Telles sont les questions qui peuvent se poser lorsqu’un sujet vient sur le devant de la scène. En ce qui concerne celui- ci, le bien fondé de faire acquérir du vocabulaire aux élèves ne peut être discuté. Mettre des mots sur les choses, les sensations, les sentiments… aide à maîtriser le monde, à affiner ce que l’on ressent, à mieux comprendre les autres et à communiquer. Comment atteindre ces objectifs ? Faire en sorte que le vocabulaire se fixe ? Quelques pistes non exhaustives peuvent se dégager et appeler des développements ultérieurs que vos interrogations et suggestions pourraient amener à enrichir. D’autres aspects pourraient alors être pris en compte et développés au cours de cette année pour approfondir un sujet complexe mais ô combien passionnant.

Choisir d’évoquer et interroger la langue des sentiments paraît un point de départ possible et un support de travail riche de possibilités même si toutes les pistes ne seront pas exposées ici afin de laisser à chacun des espaces de réflexion et de questionnement.

Supplément au format PDF

Posez vos questions !

septembre 6th, 2007 by anne popet

Posez vos questions à l’aide du formulaire ci dessous.

“Bagbada”, une histoire d’amitié

août 30th, 2007 by anne popet

Bagbada
L’histoire

Bagbada est un crapaud fort sympathique. Il a un ami Oxycat qui, comme son nom l’indique, n’est pas en très bon état. Bagdaba décide de lui remonter le moral. Il y réussit pleinement. Requinqué, le chat remarque alors qu’un hérisson tout rabougri n’a pas l’air en pleine forme. A son tour, il prend les choses en mains…

L’auteure et illustratrice

Cécile Gambini est née à Grasse en 1973. Elle a réalisé cet album alors qu’elle était en résidence d’auteur- illustrateur à Troyes. C’est une illustratrice talentueuse diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg. Bagbada est son troisième ouvrage à paraître au Seuil Jeunesse où elle a déjà produit Bob Robinson et, dans la collection « Les petits contes du tapis », Les trois poissons.

Un coup de cœur, pourquoi ?

Paru en mai 2007, Bagbada est un très bel album tant dans le fond que dans la forme. Cette histoire onirique montre comment la littérature ouvre les voies de l’imaginaire tout en permettant au jeune lecteur de vivre à travers les personnages des expériences majeures qui l’aident à se construire. Read the rest of this entry »

Exploiter Bagbada

août 30th, 2007 by anne popet

Démarche

Créer un horizon d’attente à partir des premières illustrations de l’album. Entrer dans l’histoire (texte de 4ème de couverture). Poursuivre la lecture des illustrations. Lire les textes et expliquer mots et expressions difficiles. Interpréter un passage de l’histoire. Découvrir la fin

Préliminaires

Afficher dans la classe quelques jours auparavant : une image de stalactites et une autre de fonds marins, un abécédaire en tapisserie et un fond de carte routière. Laisser observer librement, puis présenter les documents. Read the rest of this entry »

Réussir la première rencontre avec les maths

août 30th, 2007 by anne popet

Premier pas vers les maths

Tel est l’enjeu que propose Rémi Brissiaud en cette rentrée 2007 aux enseignants comme aux parents. Son livre s’adresse en effet aux uns comme aux autres sans en réduire pour autant la portée pédagogique, mais vise à faire adhérer tout un chacun au même projet. Celui- ci a pour ambition de favoriser la compréhension des nombres et par là même les progrès en calcul en prévenant l’échec en maths trop souvent imputé au fait que certains enfants sont peu doués en ce domaine. Pour ce faire, l’auteur aide les enseignants à se situer par rapport au mouvement de balancier qui préside aux choix pédagogiques et ont entraîné un enseignement précoce, puis tardif et de nouveau précoce du comptage.

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